Chantiers et environnement sur le Grand Paris Express : vos questions métiers et formations

Publication : 15 novembre 2021

Thomas Gaudron, responsable de la valorisation des terres pour la Société du Grand Paris, et Wijden Bayachatti, agente de traçabilité chez Capocci, l’une des entreprises travaux en charge de la construction du réseau de métro, ont répondu en direct à vos questions mercredi 10 novembre. Revivez le tchat.

Soyez vigilants sur la date de publication de la retranscription du tchat qui correspond au jour du témoignage des invités. Certaines formations ou diplômes peuvent avoir évolué au gré des réformes. N'hésitez pas à utiliser notre moteur de recherche pour connaître les formations qui mènent à ce métier et les modes d’admission actuels. 

Le Modérateur : Bonjour et bienvenue sur ce nouveau tchat de l’Onisep en partenariat avec la société du Grand Paris Express. Aujourd’hui, nous allons parler de la gestion de la protection de l’environnement sur les chantiers du Grand Paris Express. Wijden Bayachatti, agente de traçabilité chez Capocci, l’une des entreprises de travaux en charge de la construction du réseau de métro et Thomas Gaudron, responsable de la valorisation des terres pour la Société du Grand Paris sont avec nous pour répondre à vos questions. Bon tchat !  

Wijden Bayachatti : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce tchat. Nous attendons vos questions ! 

 

Thomas Gaudron : Bonjour à toutes et à tous ! 

 

maya : En quoi consiste le métier d’agente de traçabilité ? Et plus précisément dans votre domaine ? 

Wijden Bayachatti : Un agent de traçabilité, cela consiste à tracer tous les matériaux excavés, en précisant la provenance, dans quel exutoire ils seront déchargés, l'heure et le volume (en mètres cubes ou en tonnes) de chaque camion chargé de l'évacuation. 

 

dido45 : Bonjour, pouvez-vous nous dire ce qu'est un responsable de la valorisation des terres ? Ce métier existe dans quels domaines ? 

Thomas Gaudron : Un responsable de la valorisation des terres est la personne qui a la mission de chercher des alternatives à l'élimination de terres excavées. Il identifie et fiabilise les nouvelles filières de valorisation. Les domaines sont très spécifiques au projet. Ce poste a été mis en place à la Société du Grand Paris en raison du volume important de terres excavées et de son impact sur le contexte régional. 

 

Domino : Est-ce que les terres peuvent resservir en agriculture ? Doivent-elles être traitées ? 

Wijden Bayachatti : Certaines terres peuvent être utilisées telles qu’elles. Il s’agit notamment des terres végétales présentes sur les 30 premiers centimètres à la surface, issues des décapages agricoles. Elles étaient déjà utilisées à cette fin et doivent être évacuées pour la construction des futures gares et ouvrages. D’autres lithologies peuvent être utilisées en amendement ou servir à la composition d’un substitut de terres végétales, additionnées d’un compost, par exemple. Dans tous les cas, leurs spécifications répondent à des normes spécifiques, notamment dans leur composition.

 

Mathilde75 : Existe-t-il un passage obligé d'archéologues avant d'installer un chantier sur le Grand Paris ? 

Thomas Gaudron : L’archéologie préventive fait partie des travaux préparatoires réalisés en amont des chantiers. Il s’agit de détecter d’éventuels vestiges pour assurer leur conservation et éviter l’interruption du chantier en cas de découvertes. Cette démarche est réalisée par l’Institut national de recherches archéologiques préventives ou d’autres opérateurs qualifiés, mais elle n’intervient que sur prescription de l’État, si celui-ci estime qu’il est nécessaire de faire une recherche archéologique sur un futur site de chantiers. C'est le cas par exemple à Vitry où des fouilles ont été menées : on a découvert une nécropole de près de 250 tombes.  

Utilisateur51 : Bonjour à tous les 2. Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce métier ? Vous vous voyiez faire ce métier quand vous étiez plus jeune ? 

Wijden Bayachatti : Dans mon cas, c'est grâce au Covid. J’évoluais avant dans le domaine aéroportuaire. Je suis entrée en tant qu'intérimaire, agent de traçabilité, pour la société Capocci. Ce qui m'a plu, c'est la manière dont le chantier est organisé, l'évolution, la possibilité de valorisation des matériaux... Au début, je n'avais pas du tout l'objectif de poursuivre ma carrière dans ce secteur, mais, même si c'est différent du domaine aéroportuaire, il n'y a pas de routine, et j'apprécie cela. 

 

Thomas Gaudron : J'ai intégré la Société du Grand Paris par le domaine des achats, en tant qu'acheteur et exécution. Dans ce cadre, l'un des sujets récurrents était la gestion des déblais. C'est un sujet qui m'a intéressé de par l'impact financier, et le fait qu'il implique beaucoup d'acteurs. Il y avait aussi moyen de mettre en avant des pratiques plus vertueuses d'un point de vue environnemental. J'ai beaucoup travaillé avec mon prédécesseur et, quand il a trouvé une autre opportunité, il m'a proposé le poste. Je l'ai accepté avec plaisir. En effet, c'est un travail qui permet de rencontrer plein de personnes de profils très différents. Et mettre en œuvre des pratiques plus vertueuses sur un chantier de cette envergure est un challenge très intéressant. 

 

Utilisateur48 : Est-ce qu’il y a d’autres femmes dans votre métier ? 

Wijden Bayachatti : Oui. Quand je suis rentrée, on était plusieurs femmes, dans des postes similaires, mais aussi dans des postes sans lien avec l'environnement, plutôt sur la partie travaux. 

 

dede12 : Comment dépolluer les sols ? 

Thomas Gaudron : Soit la pollution est d’origine naturelle (surconcentration en métaux ou sulfates par exemple, du seul fait géologique), soit elle découle d’une activité humaine (hydrocarbures notamment). Comme notre projet est à 90 % souterrain (et donc très peu impacté par l’homme à ce jour), ce que l’on appelle pollution pour nos déblais est à 98 % le fait de la nature. On ne pourra donc pas forcément les dépolluer, mais on s’attachera à les gérer de la manière la plus adaptée.

Sur certains sites, la présence de polluants en forte concentration dans les sols ou les eaux souterraines (hydrocarbures, par exemple) peut rendre difficile la construction d’ouvrages et présenter des risques sanitaires pour les compagnons des chantiers. Le recours à des interventions de dépollution peut alors s’avérer nécessaire, préalablement au démarrage effectif des travaux de construction. Il peut s’agir, par exemple, d’excavation de sols pollués qui sont ensuite envoyés en centre de traitement adapté. On pratique aussi la technique de pompage-écrémage qui permet de récupérer les eaux polluées et de les nettoyer des hydrocarbures qu'elles contiennent. Ce sont des entreprises spécialisées qui réalisent ces opérations de dépollution.

Les terres évacuées sont traitées hors du chantier, sur des plateformes dédiées appelées biocentres. Sur ces sites spécialisés, la pollution est triée (les particules les plus fines concentrant généralement la plus grande partie de la pollution) puis traitée à l’aide de bactéries ou chauffée, pour être dégradée. Les déblais précédemment pollués ressortiront donc avec des pollutions bien moindres. 

 

Mateua : Qui doit dépolluer un terrain ? 

Wijden Bayachatti : C’est normalement le principe du pollueur–payeur qui s’applique. Il arrive cependant que le pollueur ne soit pas identifié ou que le précédent propriétaire ne soit pas en mesure de payer cette dépollution. C’est donc soit à la collectivité (cas des décharges sauvages), soit au nouveau propriétaire de réaliser ces opérations de dépollution. 

 

LENAIN Pascal : Bonjour. En tant qu'Ingénieur pour l'École (IPE) en charge des relations école-entreprise,  détaché par mon entreprise auprès du rectorat de Paris, pouvez-vous m'indiquer quelles opportunités vous offrez à des jeunes en bac pro ou BTS en termes de stages et possibilités de premier poste CDD ou CDI ? Qui peut être notre contact pour développer cette démarche ? Deuxième point : avez-vous des professionnels volontaires pour partager leur expérience et inciter les jeunes à considérer une carrière dans les métiers du bâtiment ? Merci.

Thomas Gaudron : Bonjour Pascal. La Société du Grand Paris s’est structurée pour accompagner la communauté éducative dans la compréhension du projet et le relais des opportunités associées. Des formations et rencontres pour les professionnels de l’éducation et, en particulier, les Ingénieurs pour l’École, sont organisées. Un programme d’actions et une collection de ressources pédagogiques visant à faire découvrir les métiers liés aux chantiers du Grand Paris Express et sa maîtrise d’ouvrage sont prévus chaque année.

Vous pouvez découvrir les témoignages de professionnels dans le Pourquoi pas moi ? Les métiers du Grand Paris Express (Les métiers du Grand Paris Express - Onisep).  Consultez aussi la page formation et jeunesse pour en savoir plus.

Pour être mise en relation avec l’équipe du programme jeunesse de la Société du Grand Paris, contactez : classes@Societedugrandparis.fr

Utilisateur5 : Est-ce que vous avez rencontré des difficultés en tant que femme ? 

Wijden Bayachatti : Parfois, ça a été compliqué, car certains n'avaient pas forcément l'habitude de travailler avec des femmes. Mais ils ont vite pris l'habitude ! Maintenant, il n'y a plus de différence. 

 

Didier22 : Bonjour, est-ce que les terres sont considérées comme des déchets ? 

Wijden Bayachatti : Les terres sont réglementairement considérées comme des déchets une fois qu’elles sortent du site de leur excavation, ce qui n’est pas le cas des terres réemployées sur le site même de leur excavation. Le statut de déchets impose un certain nombre d’obligations. La Société du Grand Paris a fait le choix d’aller plus loin en imposant une traçabilité totale de ses déblais, par exemple, ou en se fixant l’objectif de valoriser 70 % de ceux-ci. 

 

Paul : Combien de quantité de terre cela représente- t-il sur le Grand Paris Express ? 

Thomas Gaudron : Pour le Grand Paris Express, c'est 45 millions de tonnes. C'est comme si rehaussait tout le territoire de la Ville de Paris d'environ 20 cm ! Avec des pics qui peuvent monter jusqu'à 7 millions de tonnes excavées par an. Cela représente 10 à 20 % de la quantité de déchets de construction à l'échelle régionale. 

 

miky224789 : Quel est le mode de transport le plus utilisé pour le transport des terres ? Routier ? Ferroviaire ? Fluvial ? Aérien ? 

Thomas Gaudron : À l'échelle de tout le Grand Paris Express, c'est principalement le routier, bien que pour limiter les nuisances pour les riverains, mais aussi l'impact environnemental, la Société du Grand Paris a cherché à favoriser l'évacuation par le ferroviaire ou le fluvial. Elle s’est fixé un objectif de 15 % des déblais évacués par des modes autres que le routier. C'est aujourd'hui une réalité. Il n'y a pas de transport aérien. 

 

Modi44550 : Est-ce que le traitement des déchets, des terres est un usage courant dans le BTP désormais ou est-ce que seuls les grands groupes peuvent se permettre de le faire ? 

Wijden Bayachatti : La gestion adaptée de ses déchets est avant tout une obligation légale qui s’applique à toutes les entreprises. Cependant, les efforts déployés pour les gérer de la manière la plus vertueuse dépendent, en effet, de l’ensemble des acteurs impliqués (maître d’ouvrage, maître d’œuvre, entreprise de travaux, terrassier ou gestionnaire de déchets). De par l’ampleur du projet qu’elle pilote, l’entreprise publique (maîtrise d’ouvrage) qu’est la Société du Grand Paris a un devoir d’exemplarité et une responsabilité. L’ensemble des grandes, moyennes et petites entreprises à l’œuvre sur les chantiers du Grand Paris Express sont accompagnées dans cette démarche pour réduire ou éviter l’impact négatif de la réalisation du nouveau métro sur l’environnement et les territoires traversés. Des solutions innovantes sont mises en place pour la valorisation des déblais, la conception des ouvrages et la réduction des gaz à effet de serre. 

 

Sy : Bonjour, je voudrais savoir si c'est possible pour un lycéen de 20 ans de suivre une formation avec vous. 

Thomas Gaudron : Le projet de réseau de métro du Grand Paris Express génère des milliers d’emplois dans de nombreux domaines du CAP au bac +5 chaque année et ce jusqu’en 2030. Une entrée dans le monde professionnel rapide ou après de longues études ? Il y a de la place pour toutes et tous ! De nombreuses formations sont proposées localement en Île-de-France dans les lycées professionnels ou les CFA. Des entreprises recrutent et forment également leurs salariés. La Société du Grand Paris, pilote du projet Grand Paris Express recrute en son sein des diplômés avec expérience à partir du bac +5, mais également des jeunes en formation (stages ou alternance). Les entreprises au travail sur les chantiers du Grand Paris Express (Vinci Construction, Bouygues Construction, Demathieu Bard, Eiffage, NGE, Alstom, Colas Rail, Thales, Siemens, Schindler...) publient leurs propres offres d’emploi directement sur leurs sites Internet.

Chaque territoire concerné par les chantiers (établissement public intercommunal ou communauté d’agglomération) désigne également des référents emplois susceptibles de pouvoir transmettre les candidatures aux entreprises. Leurs contacts sont accessibles sur societedugrandparis.fr, rubrique « Nos engagements » puis « L’emploi sur les chantiers ». Les entreprises d’intérim, notamment les ETTI (Entreprises de travail temporaire d’insertion), sont les premiers employeurs dans le secteur du bâtiment et des travaux publics en France. Pour s’informer, rendez-vous dans les CIO (Centres d’information et d’orientation), les missions locales, les BIJ (Bureaux information jeunesse), à Pôle emploi ou encore sur onisep.fr ou oriane.info.  Vous trouverez plus d’information dans ce document en ligne . Vous pouvez aussi consulter les offres en ligne.

 

mado : Comment valoriser ce type de matériaux (terres et autres...) ? 

Thomas Gaudron : Près de 45 millions de tonnes de déblais vont être générées avec la réalisation du Grand Paris Express. À la Société du Grand Paris, la valorisation des terres extraites est une priorité. Elle se fixe un objectif de 70 % de valorisation des terres. Cela va dans le sens d’une « économie circulaire », de donner une seconde vie aux terres extraites. Pour bien les valoriser, il faut d’abord les analyser, car si elles sont trop polluées on ne peut pas les réutiliser. Les terres sont donc envoyées du chantier en laboratoire.

Aujourd’hui, les terres du Grand Paris Express sont majoritairement réutilisées pour le réaménagement de carrières de granulats et de gypse ou pour d’autres projets d’aménagements, internes ou externes à la SGP. Certaines sont encore recyclées pour produire des matériaux comme du ciment, du plâtre, du béton, de la brique, des parements, etc. Par exemple, 1,4 million de tonnes de terre de la ligne 16 contribuera ainsi à la réalisation du projet du parc paysager La Plaine du Sempin, situé à Chelles à Montfermeil. 

 

Marie22 : Bonjour, quelle est votre formation à tous les 2 ? 

Wijden Bayachatti : Pour entrer chez Capocci, j'ai été formée par une ingénieure sites et sols pollués. Elle m'a expliqué le fonctionnement et l'importance de la gestion des déblais, les différents types de pollution des terres. Ensuite, en parallèle à cette formation, j'ai été formée sur le terrain avec une technicienne environnement qui m'a accompagnée quelques semaines puis m'a laissée gérer moi-même. 

 

Thomas Gaudron : J'ai une formation initiale d'ingénieur généraliste, à l'École nationale supérieure des Mines de Saint-Étienne. Ensuite, c'est l'expérience qui a fait que je suis arrivé à mon poste actuel.

 

mARCO : Bonjour à vous 2. Pourriez-vous nous dire à quoi ressemble une journée de travail pour vous ? 

Thomas Gaudron : Ma journée s’organise autour de différentes activités :

  • animation de l’équipe : coordination des activités, organisation des tâches, remontée et partage d’informations,
  • réunions avec des acteurs et partenaires externes dans l’identification et la mise en œuvre de projets de valorisation,
  • l’aspect communication est également très présent du fait de l’ampleur du projet dans la vie publique régionale (partage de bonnes pratiques avec d’autres maîtres d’ouvrages ou fédérations professionnelles, échanges avec des journalistes),
  • réunions internes pour fiabiliser et accompagner de nouveaux projets avec les directions du développement durable ou direction juridique en charge du cadre réglementaire ou avec les directions de projet en charge des opérations sur les chantiers.

Wijden Bayachatti : Mes tâches sont les suivantes :

  • s'assurer que l'organisation qui a été décidée la veille est bien mise en place le jour J, 
  • s'assurer que les chauffeurs de camion savent dans quel exutoire aller décharger les matériaux,
  • s'organiser et être contact à longueur de journée avec le chef de chantier ou d'équipe sur place, en cas de changements. 

Germain94 : Bonjour Wijden, vous avez été formée sur le terrain vous n'avez donc pas de diplôme ? 

Wijden Bayachatti : J'ai un bac gestion administration, donc je n'ai suivi aucune étude en lien avec les métiers des travaux publics ou de l'environnement. J'ai été essentiellement formée sur le terrain. C'est ce qui m'a permis d'apprécier et de vouloir rester dans ces métiers, ce qui n'était pas du tout prévu ! 

 

Germain94 : Vous avez fait comment pour arriver là alors ?

Wijden Bayachatti : Je suis rentrée en tant qu'intérimaire. Ce qui a fait que j'en suis là aujourd'hui, c'est principalement l'intérêt que je portais au domaine. J'ai surtout fait de la gestion et de l'organisation. 

 

Jolan78 : Bonjour, pour travailler dans ce secteur, c'est mieux de se diriger vers des formations dans le BTP ou dans l'environnement ?

Wijden Bayachatti : Je dirais principalement dans l'environnement. Dans mon cas, je n'ai pas forcément besoin d'être formée sur les travaux pour effectuer mon travail. 

 

Thomas Gaudron : La valorisation des déblais, c'est plutôt lié à l'environnement. Mais une formation dans le BTP permet aussi de comprendre les problématiques opérationnelles. Il n'y a pas vraiment de voie privilégiée. C'est aussi l'expérience qui permettra de se spécialiser. 

 

Utilisateur14 : Bonjour, question pour Thomas : quelles sont les qualités nécessaires pour travailler dans ce domaine ? Le profil récurrent ? 

Thomas Gaudron : La curiosité, l'envie de découvrir de nouvelles choses. Une sensibilité à l'environnement. L'envie de travailler en équipe, aussi, car on interagit beaucoup en interne, dans la société, mais aussi à l'extérieur, avec des profils très différents. 

 

Marie22 : Les étudiants trouvent-ils facilement un emploi dans vos secteurs ? 

Wijden Bayachatti : Chez Capocci, il y a énormément d'alternants, et les personnes recrutées récemment sont principalement des personnes issues de la formation initiale. 

 

Utilisateurzeze : Est-ce que vous êtes tout le temps à l'extérieur, dehors ? Ou bien dans des bureaux ? 

Thomas Gaudron : Dans mon cas, c'est plutôt un travail de bureau. Mais il nous arrive d'aller sur les chantiers, ainsi que sur les sites qui vont être amenés à gérer nos déblais. 

 

Wijden Bayachatti : En ce qui me concerne, je passe autant de temps à l'intérieur qu'à l'extérieur, mais dans ce dernier cas, pas vraiment des chantiers, plutôt des bungalows, afin de garder un œil sur la rotation de mes camions et ce qui se passe sur le chantier. 

 

matou : Je suis en 3e et je suis très sensibilisée à cette question par mes parents. Cela me dirait bien de m'orienter vers ce milieu, mais je ne suis pas scientifique du tout. Est-il possible quand même de trouver un emploi ? 

Thomas Gaudron : Il y a de multiples manières de travailler dans le secteur, pas seulement avec un bagage scientifique. Les relations avec les riverains ou les collectivités ne demandent pas forcément d'être technicien ou ingénieur. 

 

Marie22 : Quelles régions offrent le plus d'opportunités professionnelles dans votre secteur ? 

Thomas Gaudron : Les régions avec une forte activité en travaux. Aujourd'hui, c'est principalement l'Île-de-France, mais il y a aussi de grands projets, dans le domaine des déblais, comme la liaison Lyon-Turin, le canal Seine-Nord-Europe et le métro de Toulouse. 

 

Wijden Bayachatti : Capocci travaillant essentiellement en Île-de-France, je n'ai pas forcément de vision sur ce qui se passe hors de cette région. 

Utilisateurzeze : Est-ce qu'il existe un centre de formation du Grand Paris qui permettrait de trouver ensuite du travail dans la société, sans diplôme au départ ?

Thomas Gaudron : Il n'y a pas de centre de formation du Grand Paris. En revanche, il y a de multiples opportunités de travail sur nos chantiers, avec ou sans diplôme. Dans ce dernier cas, c’est aussi possible de trouver du travail auprès d'une de nos sociétés de travaux. 

 

Utilisateur5_1 : Avec qui travaillez-vous ? Avec qui êtes-vous en relation quotidienne ? Quelles personnes gravitent autour de vous ? 

Wijden Bayachatti : Les chefs de chantiers, les conducteurs de travaux, les chauffeurs de camions, les compagnons du Génie civil, les conducteurs d'engins... 

 

Thomas Gaudron : Principalement mes collègues du développement durable ou de la direction de projet, en interne. Et, à l'extérieur, des porteurs de projets d'aménagement, des industriels qui vont chercher à transformer le déblai et des collectivités intéressées d'utiliser des matériaux recyclés. 

 

Utilisateur5_1 : Qu'est-ce qui est le plus difficile à gérer dans vos métiers ? C'est quoi votre meilleur souvenir ? Et le pire ? 

AliWasspuf : Bonjour à tous les 2. Qu'est-ce que vous aimez dans votre métier et qu'est-ce que vous n'aimez pas ? 

Wijden Bayachatti : Ce que j'aime, c'est le fait d'apprendre tous les jours, de travailler avec des entreprises de TP, mais qui n'ont pas forcément les mêmes spécificités (Capocci intervient surtout dans le terrassement, la dépollution, la démolition, les voiries et réseaux divers...).

 

Thomas Gaudron : Ce que j'aime, c'est défricher un domaine qui n'est pas forcément sur le devant de la scène aujourd'hui, mais qui prend de l'ampleur. C'est aussi d'avoir un impact régional et sur le quotidien des gens. 

 

Wijden Bayachatti : Ce que j'aime le moins, c'est principalement quand il y a des soucis par rapport à la rotation des camions, car ça change toute l'organisation. En effet, mon poste est centré sur la rotation des camions et la traçabilité. 

 

Thomas Gaudron : Ce que j'aime le moins, c'est de voir des opportunités de valorisation tomber à l'eau, suite à des aléas de chantiers ou d'autorisations, alors qu'on a travaillé sur le sujet des mois, voire des années entières. 

 

Utilisateur5_1 : Est-ce que vous êtes amenés à changer d'affectation régulièrement au cours de votre carrière ? 

Thomas Gaudron : On peut y être amené, mais ce n'est pas une obligation. Cela ne fait que 2 ans que je suis sur mon poste. Auparavant, j'étais dans un domaine complètement différent. 

 

Wijden Bayachatti : Moi aussi, je ne suis sur ce poste que depuis un an. Je n'ai pas encore été amenée à changer d'affectation. Il y a des possibilités, mais c'est sur la base du volontariat, on n'y est pas forcé. 

 

Utilisateuzouryr5_1 : Quelles sont les évolutions possibles dans votre secteur ? Quelle mobilité ?
Auriez-vous une fourchette de salaire ou salaire débutant ? 

Wijden Bayachatti : Il y a des possibilités d'évolution : en tant que chef d'équipe ou chef de chantier, par exemple, pour les personnes qui sont sur la partie travaux. Il y a toujours des possibilités de formation ou de réorientation, mais toujours en restant dans les métiers du TP, et qui permettent par la suite une évolution. Au niveau salaire, je dirais aux alentours de 2 000 euros brut pour un débutant.

 

Thomas Gaudron : Les évolutions, ce peut être vers d'autres métiers de la maîtrise d'ouvrage : direction de projet, des relations territoriales, ou environnement de manière plus générale. Dans mon poste, il n'y a pas trop de débutants, mais la fourchette sur mon poste serait de 5 000 à 6 500 euros brut. 

 

Utilisateuzouryr5_1 : Y a-t-il des difficultés à trouver du travail dans vos secteurs ? 

Lilas77 : Bonjour ! En dehors du Grand Paris express, est-ce que l'on trouve du travail facilement dans vos métiers? Et une fois que ce grand chantier sera fini, est-ce qu'il y aura autant de besoins ? Merci beaucoup ! 

Thomas Gaudron : Sur la région Île-de-France, on est plutôt dans un secteur en tension, avec beaucoup de besoins. Même une fois que le Grand Paris Express sera terminé (vers 2030), il y a un dynamisme fort de la région qui fait qu'on trouvera toujours du travail. D'une façon générale, les métiers de la construction sont assez porteurs. 

 

Wijden Bayachatti : Je pense que dans le secteur d'activité des travaux publics, il y aura beaucoup de besoins avec la construction et les travaux publics. Tout ce qui concerne les routiers, la voirier, les canalisateurs, je pense qu'il y aura toujours autant de besoins. 

 

Utilisateuzouryr5_1 : La vision ou l'opinion du métier change-t-elle avec l'expérience professionnelle ? 

Wijden Bayachatti : Oui. Je n'étais pas à l’origine dans les TP.  Ma vision des choses change, l'état d'esprit aussi, et ça reste aussi impressionnant quand on voit l'évolution du chantier, la collaboration entre différentes entreprises, le fait qu'on apprenne tous les jours, l'aspect relationnel... Donc oui ! 

 

Thomas Gaudron : Je baignais déjà dans le métier de la construction par ma famille, donc je n'ai pas vraiment eu de surprises. 

 

Flo : Quels métiers sont et seront mobilisés pour le Grand Paris Express ? 

Thomas Gaudron : De nombreux métiers participent déjà à la réalisation du Grand Paris Express : construction des tunnels, pose des rails, aménagement et équipement des gares...Après les mises en service des lignes de métro, des emplois seront notamment créés pour assurer la circulation des trains, la maintenance du réseau ou encore l’accueil dans les gares.  

Le Modérateur : Nous prenons les dernières questions... 

Utilisateuzouryr5_1 : Bonjour, j’ai pu lire que le sol et le sous-sol d’Île-de-France étaient fortement marqués par la présence de pollution liée aux activités industrielles passées ? Est-ce vrai ? Comment assurer la traçabilité dans ce cas ? 

 

Thomas Gaudron : Effectivement, il y a eu un passé industriel important dans la région, avec des exigences environnementales qui ont évolué. Du coup, on se retrouve avec des sols qui peuvent effectivement être marqués. Avant de démarrer un chantier, on étudie l'historique du site, et on analyse les sols en place, et la traçabilité est assurée à partir de ces analyses. Dès qu'on va excaver les terres et les sortir de nos chantiers, on demande, à chaque étape de la gestion, ce que deviennent nos terres.

 

Wijden Bayachatti : On peut assurer la traçabilité et la gestion des déblais en insistant sur la prise de conscience de l'importance de la dépollution, pour l'environnement, et la nécessité d'être minutieux et rigoureux sur ces sujets. Les personnes qui travaillent dans ces domaines en sont très conscientes. 

 

Thomas Gaudron : Il est question de déchets, d'où l'importance de s'assurer d'où ils vont, en particulier quand ils sont dangereux. Certaines entreprises sont le choix de systématiser cela. 

 

bibou : Est-ce que vous recyclez la terre de votre jardin si vous en avez un bien sûr ? 

Thomas Gaudron : J'ai un lombricomposteur qui me permet de recycler mes terres pour les plantations de balcon ! 

 

Lilas77 : Est-ce que vous avez le sentiment de travailler pour la protection de l'environnement au quotidien ?

Wijden Bayachatti : Oui, car s'il y a des demandes d'acceptation préalable ou l'organisation en amont pour décharger les camions en exutoire, c'est qu'on se rend compte qu'il ne s'agit pas de matériaux inertes, et il faut donc faire les choses dans les règles de l'art, dans le respect de l'environnement. 

 

Thomas Gaudron : J'ai ce sentiment en effet, et c'est gratifiant d'avoir un impact au niveau local, ce qui peut aussi avoir une incidence sur la vie de sa propre famille. 

Le Modérateur : Le tchat se termine. Nous allons laisser à Wijden et Thomas clore les échanges avec un mot de la fin.

Wijden Bayachatti : Merci à toutes et à tous pour vos questions ! J'invite toutes les personnes sceptiques face aux métiers des travaux publics de faire en sorte de les découvrir, en cherchant sur Internet, ou en faisant des demandes de stages. Passer à côté d'un chantier et travailler dedans, ce n'est pas du tout la même chose, question d'état d'esprit ! 

 

Thomas Gaudron : Autre conseil : La Fabrique du Métro permet de découvrir les activités autour du Grand Paris Express, notamment sur la gestion et la valorisation des déblais. Il y a aussi les journées portes ouvertes. Elles ont eu lieu le 16 octobre dernier. Au vu du succès de cette édition, elles seront à coup sûr reconduites l'année prochaine. Merci à toutes et à tous ! 

Le Modérateur : Le tchat se termine. Nous allons laisser à Wijden et Thomas clore les échanges avec un mot de la fin.

Le Modérateur : Merci à toutes et à tous de votre participation 

Pour consulter la variété des métiers des chantiers du Grand Paris Express et les fourchettes de salaires associés, consultez :

Bon après-midi !